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Texte Jacques quintin redigé pour Aquarium Magazine N° 227 Colisa lalia
Photos de la page Jacques Quintin Le joli petit lalia pdes bacs de notre enfance est devenu une superbe créature, que les Asiatiques surtout n'ont eu de cesse de selectionner pour le meilleur et quelquefois pour le pire, car s’il a la beauté du cristal il en a la fragilité Avec des soins appropriés on pourra espérer le garder en bonne condition .C’est un poisson pour aquariophiles exigeants. Populaire dans son milieu d’origine Dans l’Inde, le Bengale il fait l’objet du même engouement qu’en Europe c’est un animal familier, sa présence est attestée dans de nombreuses demeures. Comme tous ses proches parents, Bettas splendens ou cousins Colisa chuna et labiosa il aime les eaux stagnantes. Les bras morts des affluents du Gange peu profonds, les mares, les rizières et les canaux ensoleillés, mais sans trop, l’oxygène grâce à son « labyrinthe » ne lui fait jamais défaut. Annexe 2 On ne peut s’empêcher de saluer le résultat de la sélection des éleveurs asiatiques lorsqu’elle va dans le bon sens. Le combattant, joyau de nos aquariums a connu le même patient travail de sélection qui pourrait s’plaindre Une robe de toute beauté
Le mâle avec ses six centimètres, légèrement plus grand que la femelle présente sur un fond de coloration bleue des striures rouge p brillant. Sa poitrine s'orne d'un bleu profond qui s'intensifie au moment du frai il est alors somptueux . La femelle est beaucoup plus terne, le dimorphisme sexuel est très prononcé. . Sa bouche petite, légèrement relevée vers le haut lui permet de capter aisément la petite bulle d’air qui lui fournit une oxygénation d’appoint. A notre avis c’est le plus beau, même s’il est déjà assez éloigné du type sauvage et sa reproduction ne pose aucun problème. Ne vous laissez pas tenter par ces coloris extravagants, artificiels souvent, qui nuisent à l’image de l’aquariophilie que nous voulons promouvoir et à la santé de nos petits pensionnaires. On le trouve dans les variétés d’élevage sous des patrons de colorations aussi variées que les appellations : cobalt, gold etc.… Sélection à outrance, hormones diverses, colorants artificiels, rien ne lui est épargné pour flatter l’oeil des aquariophiles peu informés ou peu regardants, au détriment de leur longévité voire même de leur vie. Tous ceux qui possèdent ou ont possédé ce petit bijou reconnaissent sa fragilité. Pourtant ce point de vue doit être nuancé. Les maladies qui touchent le gourami nain sont variées, la liste serait fastidieuse. Les hypothèses sur les raisons qui expliquent les difficultés à garder longtemps ces petites merveilles sont aussi nombreuses que les aquariophiles car personne n’a à ce jour apporté de réponse satisfaisante. Annexe 3 Jamais en bac d’ensemble Ne le mettez jamais en bac d’ensemble il n’y survivrait pas longtemps ! Après s’être caché quelques temps dans la végétation il se laissera mourir de faim. Il est timide, farouche même lorsque l’environnement qu’on lui impose le stresse. Pour le maintenir dans de bonnes conditions il n’a nul besoin d’une vaste demeure il lui faut du calme, une qualité d’eau irréprochable. Deux possibilités se présentent : le bac spécifique ou régional. Le bac spécifique sera de petite dimensions de cinquante à soixante dix litres ou vivront bien tranquilles un mâle et une ou deux femelles, son aménagement sera en tous points semblable à celui du bac régional, seule la taille et les occupants diffèrent. Mais cette solution qui isole nos petits Lalia a tendance à accentuer leur timidité et puis on ne peut pas reserver un bac pour chaque espece! Aussi c'est la deuxieme solution que nous préférons. Offrez lui la quiétude d’un bac régional. En liberté il s’accommode très bien d’une eau boueuse, en aquarium on s’en doute ce n’est pas du tout indiqué. Une cuve de 100 à 150 litres est idéale mais il peut se contenter de 50 à 80 litres. Les avis divergent sur la tolérance du lalia vis-à-vis de la composition de l’eau, mais en définitive, une eau moyennement douce autour de 10 à 15° de dureté et un PH voisin de la neutralité semblent lui convenir le mieux. Tous les auteurs et les amateurs sont d’accord sur ce point, les changements périodiques de un tiers à un quart de l’eau chaque semaine sont indispensables. La filtration doit être efficace pour assurer une eau cristalline, absorber les rejets ammoniaqués secrétés par les poissons mais le retour de l’eau épurée doit être brisé, notre petit Colisa n’aime pas les turbulences. Laissez quelques centimètres entre la surface de l’eau et le couvercle afin d’assurer un petit matelas d’air ou il viendra « piper » et permettra aux plantes de surface de s’épanouir. La température sera comprise entre 26 et 28 °, pas davantage. Coté nourriture il n’est pas exigeant Il mange de tout, du moment que sa petite bouche le lui permet, paillettes, vers de vase, daphnies, cyclops, grindals, en petite quantité. La végétation sera luxuriante : en fait, c’est dans un bac de type « Hollandais » qu’il se sentira le mieux. Anexe 4La plantation dense et variée remplit des fonctions multiples .Elle assure des cachettes aux femelles courtisées parfois brutalement par le mâle, mais on doit cependant éviter le « fouillis végétal »et offrir un peu d’espace pour la nage libre des autres occupants. Les plantes apportent un sentiment de sécurité qui rassurent notre timide et le rendent même familier. La femelle plus terne Devant, cet espace libre sera occupé par quelque plantes basses comme des cryptos, des Anubias nains, au fond des vallisnéries, sur les cotés quelques touffes d’Ambullias, d’Hygrophila a la croissance rapide, et surtout des plantes de surface comme les lentilles, Annexe 5 le Riccia qui tamisent la lumière crue des néons et servent de materiaux pour construire le nid . On peut, pour le plaisir des yeux et le confort de nos pensionnaires, ajouter une petite racine de tourbière ou de mangrove ou un peu de mousse de java, de microsorum seront fixés. Pour favoriser la croissance des plantes de surface, et des autres, un tube type » lumière du jour » et un « lumière horticole » seront les bienvenus Donnez lui descompagnons paisibles, personne ne songerait à leur donner comme compagnons des Cichlides Africains, ou même de simples Barbus de sumatra, taquins et trop agités. Mettez les en compagnie de quelques Rasboras heteromorpha, vaterifloris, ou pauciperforata calmes, paisibles, et jolis. En outre, la présence d’autres poissons moins timides a souvent un effet positif et les rendent plus hardis, en particulier au moment de la distribution de nourriture. C’est une des raisons qui nous pousse à conseiller le bac régional plutôt qu’un bac spécifique. Certains amateurs conseillent de les mettre en compagnie de Colisa chuna, pacifiques en règle générale, nous n’y sommes pas favorables. Au moment de la reproduction les mâles d’espèces très proches peuvent s’affronter voire se blesser ou alors le bac doit être suffisamment vaste pour permettre à chacun de s’approprier un territoire. Nul ne trouvera choquant de leur adjoindre quelques Sud Americains du genre Paracheirodon axelrodi car ils ont les memes exigences de milieu, de maintenance et sont eminemment paisibles. Sa reproduction Le mâle batit un vaste nid de bulles est à la portée de tous les aquariophiles qui ont un peu d’expérience. Inutile d’espérer obtenir une nombreuse progéniture dans le bac régional. Remplissez aux deux tiers avec une eau, de la même composition que celle du bac de maintenance, une petite cuve de 30x25x25. ![]() ![]() ![]() Garnissez la avec quelques plantes flottantes (Riccia, lentilles d’eau Salvinias), elles serviront au mâle à construire son nid. Dans un angle, installez un petit filtre intérieur au débit très faible, la crépine d’aspiration a été enfoncée dans une petite masse de mousse alvéolée très fine. Annexe (6) Un couvercle de verre, une résistance de 50 Watts complèteront l’aménagement. Assurez à la femelle une cachette genre pot de terre cuite brisé d’ou elle sortira pour solliciter les avances du mâle, c’est elle qui mène le bal. Montez la température à 29 voire 30°. Dès son introduction dans le bac les couleurs du mâle vont s’intensifier, il parade, donne quelques coups de nez à sa compagne et se met au travail. En moins d’une journée il aura bâti un nid assez étendu en surface et en épaisseur, avec des bulles maintenues par les végétaux ramenés ça et la. Quelquefois, mais rarement, la femelle lui donne un petit coup de main. L’accouplement va avoir lieu et se passe en général assez bien. A la manière des membres de la famille ![]() ![]() ![]() ![]() L’accouplement, le soin aux larves et aux jeunes, est en tous points semblable à celui de ses proches cousins Gouramis, Bettas. L’étreinte est un spectacle superbe, le mâle enlace complètement la femelle .Les œufs sont pris en bouche par le mâle et recrachés dans le Nid. L’accouplement terminé il vaut mieux retirer la femelle, le mâle peut devenir brutal, sans abîmer le berceau flottant. Les alevins éclosent en 24 à 36 heures selon la température. Ils sont minuscules, et inlassablement le père les remet dans le nid. Des la nage libre il est préférable de retirer le père. Si les alevins sont peu nombreux ils trouveront dans les plantes flottantes, les minuscules infusoires dont ils se nourrissent, quelques grains de riz paddy jetés dans le bac pourront apporter un complément, mais il vaut mieux préparer une souche d’infusoires à l’avance. La distribution, à l’aide d’une seringue, sera fréquente, mais en petite quantité, attention à la pollution ! Dès le troisième jour on peut commencer à leur proposer des micro vers et à partir du dizième des nauplies d’artémias : la partie est alors gagnée. Passée cette période délicate, ils vont désormais grandir très vite, il faudra les transvaser dans un récipient plus vaste, en siphonnant les déchets, propreté toujours Ce n’est pas un poisson pour débuter mais il est si beau, si attachant. Vraiment, avec des soins attentifs on peut le garder en bonne condition et alors, quel régal ! 1) Pour s’y retrouver, un peu de « systématique » Le Colisa lalia est membre de l’immense famille des Anabanthoides de l’ordre des Perciformes classé chez les Belontidae il fait désormais partie de la famille des Osphronemidae… à quand la suite. 2) Le petit lalia ne manque pas d’air Comme ses cousins colisas, bettas, le lalia dispose d’un organe respiratoire complémentaire des branchies en forme de spirale situé dans des cavités formées par les os du crâne (entre les os pharyngiens), qui lui permet d’absorber l’oxygène de l’air atmosphérique. Cela lui permet de survivre dans des eaux pauvres en oxygène Attention ! A partir de la troisième ou quatrième semaine le labyrinthe commence à se former il est impératif que le « matelas d’air » ou les alevins viennent respirer reste à peu près à la température de l’eau de la cuve. Un refroidissement provoque des lésions le plus souvent irrémédiables, le couvercle doit rester bien clos. 3 Vous avez dit fragile ? Une longévité faible. Il est vrai que les pathologies dont souffre notre petit colisa sont nombreuses. Hydropisie, Exophtalmie, Ulcérations cutanées, Oodinium, toutes sont rarement guérissables. Mais curieusement certains aquariophiles gardent ces petites merveilles parfois jusqu’à deux ans sans problèmes. Outre les méfaits incontestables d’une sélection trop poussée sur la beauté uniquement, il y a un fait indubitable, qu’on ne met pas assez en avant, c’est la génétique. Toutes les espèces qui vivent en milieu difficile Aplocheilus, bettas, ont génétiquement une espérance de vie limitée, le gourami nain n’y fait pas exception. Enfin tous les poissons timides sont sensibles aux maladies dites « réponses »ou « réaction » au stress. Si les conditions de maintenance évoquées ici sont respectées beaucoup de problèmes de santé lui seront évités. 4) Le bac hollandais ![]() Un certain nombre d’aquariophiles lassés de voir une multitude bariolée s’agiter en tous sens viennent un jour ou l’autre au bac de type hollandais. Le sous peuplement du bac en poissons amène peu de rejets azotés, peu de pollution. On peut dès lors maintenir presque indéfiniment ce type de bac avec un entretien minimum, un peu jardinage, taille, repiquage. Tout l’art consiste à trouver le juste équilibre entre population animale et monde végétal. Les poissons fournissent les matières organiques dont les plantes ont besoin pour se développer et les plantes l’oxygène pendant le jour. La nuit, il sera judicieux de prévoir une diffusion d’air qui se met en route des l’extinction des lumières, les plantes dégagent du gaz carbonique les poissons risquent une mort par acidose due à la trop grande concentration d’oxyde de carbone dissous. Elle sera coupée pendant le jour pour ne pas gêner la croissance des plantes. Photo et bac cinqth ( voir en liens) 5) Les lentilles d’eau épurateur biologique Beaucoup d’aquariophiles considèrent comme une catastrophe l’apparition des lentilles d’eau dans leurs bacs, on les trouve à l’état naturel dans les mares. Pour nous c’est une bénédiction. C’est la plus efficace « pompe à nitrates » l’épurateur biologique le plus naturel qui puisse exister, tant la croissance de ces plantes est exponentielle, elles tamisent la lumière, rassurent les poissons timides, ôte toute velléité aux algues de coloniser plantes et substrat. Elle abrite des colonies d’infusoires dont les alevins se nourrissent, pas besoin de riz paddy. Quelques coups d’épuisette en surface permettent de les contrôler. 6) Les alevins qui disparaissent Cette précaution loin d’être inutile évite le « mystère » des disparition d’alevins : ils sont tout simplement aspirés, même au travers de mousses alvéolées si elles sont à structure grossière. Le même problème se pose avec un filtre sous sable trop puissant les alevins pendant les premiers jours sont littéralement aspirés et retenus prisonniers dans la quartzite si la granulométrie est trop importante. Le meilleur système reste le filtre sous sable de fine granulométrie au débit très faible mais surveillez, lorsque l’eau est très douce le PH peut descendre rapidement et tuer les alevins. === > Retour rubrique articles eau douce ==== > Retour rubrique "articles" |
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