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Article paru dans Aquarium magazine N° 227 Un écosystème menacé la mare Texte et photos Jacques Quintin Les mares de nos campagnes jouent dans la nature un rôle irremplaçable, elles sont le refuge de nombreuses espèces animales et végétales spécifiques et contribuent ainsi à maintenir la « biodiversité ». Elles participent à la préservation des « zones humides » Un écosystème bien particulier Photo Mare pérenne La mare est peu profonde, moins de deux mètres ce qui permet la pénétration des rayons solaires, peu étendue, moins d’un demi hectare. Le plus souvent elle a été creusée par la main de l’homme, dans les fermes, d’origine extractive, sablière carrières mais chaque dépression en terrain argileux imperméable peut devenir une mare naturelle temporaire ou pérenne alimentée par les eaux de pluie ou une source. La mare est vivante elle naît, vit et meurt, elle est très inféodée a la présence humaine, son intervention permet de retarder cette évolution. Le curage des mares tous les cinq à dix ans faisait partie du calendrier agricole de nos ancêtres. Les plus riches au sont celles « oubliées »au fond d’un champ au milieu d’une clairière en foret ou en montagne. Certaines sont saisonnières s’assèchent en été mais le cycle vital peut quand même s’y perpétuer, d’autres durent plusieurs années, certaines même datent du moyen age Annexe1 Iris des marais Une flore riche et variée Sous l’action du soleil les plantes puisent dans l’eau les minéraux, dans l’air du gaz carbonique c’est la photosynthèse. Les bords du plan d’eau sont colonises par les aulnes les saules, ils restituent dans l’air ambiant par leurs feuilles l’eau qu’ils ont puisé par leurs racines, un saule peut consommer 30 litres d’eau par jour ! Nid Pinson Une faune très spécifique Les mares abritent une quantité d’animaux de toutes sortes oiseaux Mammifères, insectes, Amphibiens, plancton, bactéries… Beaucoup d’oiseaux sont inféodes aux mares, Foulques, colverts,sarcelles, ils y trouvent refuge nourriture et la possibilité de s’y reproduire. D’autres espèces comme les petits passereaux viennent s’abreuver,se baigner, et se reproduire dans la végétation environnante,comme les merles, pinsons verdiers ou dans les roseaux comme la Rousserolle, la Phragmite des joncs. Naturellement la grande famille des amphibiens est très représentée ,les Anoures (sans queue ), crapauds grenouilles vertes et rousses et les urodèles, tritons Salamandres, la mare est le maillon indispensable à leur survie:ils viennent s'y reproduire et y vivre parfois. Grenouille rousse et ses oeufs Triton marbré Un amoureux à la robe superbe et devenu rare: Triturus marmoratus, le triton marbré Le rat musqué un redoutable terrassier Comme hélas bien souvent, malencontreusement lâché dans la nature le Ragondin (de la même famille que les Castors) est devenu un véritable fléau. Nageur hors pair, le rat musqué plonge, creuse de profondes galeries sous les berges minant ainsi les bordures En revanche il consomme quantité de végétaux qui limitent un prolifération des plantes néfaste lorsqu’elles comblent l’espace aquatique. Les campagne d’empoisonnement et aujourd’hui de piégeage parviennent difficilement à contenir une inexorable extension. Un brochet miniature doublé d’un architecte l’epinochette Quelques mares « oubliées » abritent encore un redoutable petit carnassier devenu rare, l’épinochette qui bâtit un nid, véritable petit chef d’œuvre d’architecture ou ses nombreuses compagnes viendront déposer leurs œufs Le Mâle veille jalousement sur son nid, il ne craint alors rien ni personne. Il attaque tout prédateur qui s’approche de ses œufs et de ses larves ,meme beaucoup plus gros que lui . Une Dizaine d’épouses ne sont pas de trop pour ce chaud lapin. Non moins surprenante une petite araignée, l’Argyronète construit sous l’eau un nid fait d’une bulle d’air qu’elle vient prendre à la surface c’est le principe de l’antique « cloche à plongeur » Des prédateurs redoutables mais inoffensifs Quelques reptiles sans danger totalement adaptés au milieu aquatique comme la couleuvre à collier chassent petits poisons et batraciens. Les reptiles qui hantent les
Couleuvre à collier Les insectes sont les plus nombreux Calopterix virgo Metamorphose larve aquatique de la grande Aeschne Libellule "Gomphus" Ils sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire dans l’écosystème mare. Beaucoup passent une partie de leur vie dans l’eau à l’état larvaire avant de devenir insectes parfaits : larves de libellules, de Dytique d’Ephémères, de moustiques. Notonectes, Gerris, Nèpes sont eux aussi des endémiques de nos mares Les « éboueurs » de la mare Les bactéries sont le premier maillon du cycle biologique de la mare elles jouent un rôle essentiel dans le cycle vital en épurant l’eau, en décomposant la vase « action anaérobie » et les végétaux. Les détritivores comme les Aselles complètent ce travail, des crustacés aussi, les gammares et tout ce qui est « plancton » Rotifères, Daphnies, Cyclops si précieux pour l’aquariophilie de terrain. Enfin et loin d’être négligeables limnées et planorbes débarrassent inlassablement la mare des algues incrustantes ou filamenteuses. Tous contribuent à retarder l’eutrophisation, la « terrisation » et donc la mort naturelle de ce petit biotope. Ils servent aussi de nourriture aux prédateurs et contribuent au cycle vital. La mare de Jardin Mare de jardin : une reserve de "plancton" pour l'aquariophile Très en vogue aujourd’hui la mare de jardin peut parfaitement être naturelle et se peupler d’un grand nombre d’espèces évoquées plus haut si on eu le souci de la planter avec des végétaux de la flore locale, sans y introduire tortues ou poissons et sans y ajouter une filtration au demeurant parfaitement inutile si l’équilibre biologique s’y établit. En plus du plaisir des yeux l’aquariophile contribue ainsi modestement au maintien de la biodiversité et peut profiter du plancton pour compléter l’alimentation de ses poissons d’aquarium. Elle est très différente du bassin ou s’ébattent carpes Koi et autres poissons rouges, pour preuve des tritons marbres ont élu domicile dans la mare de l’auteur et s’y reproduisent. Un milieu fragile menacé Les milieux humides ne cessent de reculer face aux activités humaines, toutes les espèces d’amphibiens sont protégées, leur capture, leur détention sont strictement interdits mais cette protection ne signifie pas grand-chose. Leur disparition progressive, inéluctable disent certains, est due à la pression humaine à son inconscience ou parfois à de l’ignorance. L’introduction d’espèces exotiques interdites au demeurant, peut avoir des conséquences dramatiques pour les populations animales indigènes déjà menacées par la raréfaction de leurs habitats : Grenouilles géantes qui dévastent les plans d’eau du Sud Ouest, Ragondins, tortues de Floride ,la liste est loin d’être exhaustive. Nous aquariophiles amoureux et respectueux de la nature pouvons contribuer à preserver ces petits trésors de la vie animale et végétale que sont nos mares et maintenir ainsi longtemps encore cette biodiversité. . Annexe 1 Le mystère des épinochettes La nature nous réserve parfois d’étonnantes surprises. Comment des épinochettes peuvent elles se retrouver dans une mare en partie asséchée l’été sans aucune communication avec un plan d’eau et ou ne vivent depuis plusieurs années que des tritons des insectes ? Nous avons pu découvrir que l’hivers très pluvieux en remplissant fosses et canaux de drainage avait permis à une colonie de ces petits carnassiers de quitter une mare très ancienne située au fond d’un champ à plus de cinq cent mètres en amont. Annexe 2 Triton stade respiration branchiale === > retour rubrique "Articles" |
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