Ce petit barbus de la famille des cyprinidés décrit par Hora en 1937est rarement présent dans le commerce aquariophile et pourtant c’est un bien joli poisson. Il a tout pour séduire il est de petitetaille,rustique,joliment coloré, paisible et reproducteur empressé. Le Mergus lesitue comme originaire du Sri lanka mais son nom est bien celui d’une rivière qui prend sa source au Népal et qui se jette dans le Gange, des auteurs de langue anglaise le décrivent comme « endémique » de l’Inde. En tout état de cause tant par sa physiologie que par ses mœurs il se rattache pleinement à tous les barbus asiatiques
Un Barbus de Sumatra couleur pastel
Photo puntius tetrazona
Il en a l’allure généraleet mesure de 4 à 6 cm Le fond de sa robe jaunâtre est caractérisée par 2 taches noiresau contour un peu flou , l’une est située au niveau de l’épaule, l’autre prend naissance au départ du pédoncule caudal et est bordée de part et d’autre de deux points d’un jaune lumineux. Les nageoires sont orangées clair devenant rougeâtre sur leur pourtour tout particulièrement sur la dorsale ; les pelviennes sont agrémentées d’un liseré blanc sur le premier rayon dur, liseré nettement plus marqué sur les males. La maturité sexuelle atteinte les males arborent une tache bleutée diffuse qui s’accentue avec l’age et les différencient facilement des femelles, ils sont alors de toute beauté. . Un éclairage puissant tamisé par des plantes de surface et un sol pas trop clair permettront de mettre en valeur la subtilité de leurs teintes pastel.
Comme tous ses cousins Asiatiques
Sa maintenance est aisée pour peu que vous lui donniez donnezun peu d’espace, 100 à 200 litres, une vie de groupe ,cinq à sept sujets, Photo groupe bac ensemble une température de 24 à 25°, une eau douce de 10 à 15° de neutre à légèrement acide. Ce poisson de rivières tranquilles n’apprécie que moyennement les fortes turbulences, il faudra y songer et briser le rejet d’eau épurée. Ceci dit il accepte sans difficulté l’eau du robinet jusqu'à 20°dGH , il accepte même des valeurs supérieures mais perd un peu de son éclat.. EncartIl apprécie un bac bien planté agrémenté de racines Photo bac plante sur lesquelles on pourra fixer quelques fougères ou de la mousse de Java. Sa sociabilité tant intra qu’interspécifique est excellente, exemplaire même, rien à voir avec le comportement de ce mauvais garçon le cousin de Sumatra si on respecte les règles de base évoquées plus haut : vie de groupe et espace. Il respecte même les nageoires des scalaires c’est dire…Il en va de même avec la flore qu’ils passe pourtant une notable partie de la journée à picorer à la recherche d’une quelconque particule de nourriture… mais sans jamais l’abîmer.
Il aime tout ce qui se mange
Très éclectique notre B.narayani est facile à satisfaire.
A l’instar des autres barbus asiatiques il est porté sur la bonne chère mais sans voracité excessive. Toutes les nourritures usuelles sont acceptées mais ce n’est pas un goinfre sans limites comme son obèse de cousin le schuberti ( Photo schuberti ) et la plupart des barbus gloutons. Il se régale aussi bien des petits tronçons de ver de terre (idéal pour le mettre en forme avant le frai) de grindals, enchytrées, (à donner avec parcimonie ) artemias, daphnies que des nourritures sèches ou des pâtées maison dont chacun a le secret. Un complément végétal est indispensable pour sa santé et sera distribuée régulièrement sous forme de feuilles d’épinards de salades diverses pochées pour être plus digestes. On peut même donner des petits pois rinces à l’eau claire puis écrasés sans oublierles irremplaçables flocons d’avoine dont tous nos poissons sont gratifiés plusieurs fois chaque semaine. Quelques parcimonieuses pincées de levure en paillettes saupoudrées en surface peuvent compléter le menu. Nourriture variée alliée à des changements partiels mais fréquents de l’eau amèneront nos petits barbus à frayer sans difficulté, empressement même. Le rêve aquariophile quoi !
Un reproducteur empressé
Lorsqu’un aquariophile un peu expérimenté et motivé surtout découvre dans les bacs d’un marchand un poisson rare ou inconnu il ne résiste pas au plaisir d’en faire l’acquisition. Tout excité il le ramène at home,se précipite sur le Mergus pour l’identifie,pianote sur internet pour glaner des informations (assez rares dans le cas présent) le chouchoute pour le faire grandir, l’observe longuementet in fine… tente de le faire se reproduire. C’est ce que nous avons faitet comble du bonheur notre petit B narayani se plait à convoler en justes noces, c’estmême un reproducteur empressé y compris en bac d’ensemble. Le bac de ponte spécifique est bien sur la seule solution pour obtenir des jeunes et décidément il fait tout pour nous faciliter la tache voici pourquoi. La cuve préparéequelques jours avant la ponte n’a nul besoin d’être immense et un volume d’une trentaine de litres suffit d’un bout à l’autre du cycle reproductif. Un petit filtre d’angle alimenté par une petite pompe à air, un filtre sous sable Photo ou un simple exhausteur enfoncé dans un bloc de mousse alvéolée bleue à texture fine photo(pour éviter que les alevins ne soient aspirés) conviennent parfaitement pour l’aération et la filtration. L’eau de conduite comme dit précédemment convient très bien, le chauffage sera réglé sur 25 26°. L’aménagement volontairement sommaire pourra être une plaque de gazon artificiel découpé aux dimensions intérieures du bac et une touffe de mousse de java ou de Sphaignes légèrement délitée maintenue au sol par un petit galet. Si on opte pour le filtre sous sable qui quoi qu’on en dise présente bien des avantages, une touffe de mousse de java lestée sur le fond suffit. Le couple reproducteur bien nourri sera choisi selon les critères habituels patron de coloration sans défaut, vivacité, les plus gros ne sont pas forcement les meilleurs. Au contraire de ce qu’on peut observer chez les schuberti Photo sumatra photo schubertiou les sumatras les femelles font rarement de la rétention d’œufs le régime en partie végétarien y est peut être pour quelque chose. Le couple choisi sera placé dans le bac de ponte l’après midi, le frai proprement ditdébutant le plus souvent dès le lendemain matin. La parade nuptiale est tout à fait comparable à celle qu’on observe chez ses cousins à quelques nuances près. Le male très empressé papillonne autour de la femelle en la pressant auprès et dans la mousse de java ,souvent près du sol, la femelle lâche alors quelques œufs. Le manège se répète ainsi durant une partie de la matinée. C‘est sans doute la que le narayani se différencie de ses cousins : conformément à son comportement habituel en bac communautaire le male ne montre aucune brutalité vis a vis de sa compagne. Plus surprenant encore venant de la part d’un cyprinidé le couple ne manifeste que peu ou pas d’intérêt pour le fraisi bien qu’on peut les laisser deuxou trois jours supplémentaires, temps pendant lequel les poissons recommenceront à pondre tous les matins sans (trop) toucher aux œufs, étonnant non ? ( ceux qui ont élevé des Danios rerio ou des B.sumatra voient bien de quoi nous parlons)
Patience et longueur de temps
Il faut s’armer de patienceincubation et résorption de la vésicule vitelline prennent cinq jours et vous aurez du mal à observer les alevins tant ils sont petits, farouches et champions dans l’art du camouflage. Des lors alimentez les minuscules poissonnets Photos alevins différents ages parcimonieusement avec quelques gouttes d’infusoires que l’on aura pris soin de préparer quelques jours au préalable selon la méthode propre à chacun (foin séché, pomme de terre, ou riz paddy par ex )Apres quelques jours de ce régime on adjoint des microvers et deux ou trois jours plus tard des artemias. Nous conseillons même de continuer pendant une quinzaine de jours de fournir infusoires microvers et artemias pour les retardataires nés après les autres ou moins grandes gueules, sans oublier de compléter avec de la poudre du commerce micronisée pour alevins ajoutée au menu 2 fois par jour. A compter de ce moment un changement d’eau partiel mais fréquentsera des plus salutaire pour une croissance harmonieuse des alevins. Il est judicieux d’ajouter quelques planorbes et /ou crevettes qui en consommant les excès de nourriture contribuent au maintien d’une hygiènesatisfaisante dans le bac. Entre dix et quinze jours les plus hardis commencent à s ‘aventurer hors de la mousse de java, on voit déjà apparaître la petite tache noire sur le pédoncule caudal suivi peu après par les deux points jaune lumineux : ils mesurent à peine plus de 5 mm. Des vers grindal ainsi que des daphnies ou cyclops tamises, des pâtées maison compléteront le menu. A l’age d’un mois il mesurent à peine 1 cm et sont des répliques exactes des parents. Photos alevins tous agesLes quelques 50 à 100 jeunes (l’espèce n’est pas très prolifique) de taille très inégale seront alors transférés dans un bac plus grand afin d’y terminer une croissance qui est assez lente quels que soient les bons soins qu’on leur prodigue. La maturité sexuelle est atteinte vers 6 à 7 mois. Photo groupe alevins taille inégale et photo narayani groupe Il est alors temps de compléter son propre banc et de distribuer les poissons en surnombre pour le plus grand bonheur des amateurs désireux d’élever cette petite beauté méconnue et pas facile à dénicher dans le circuit aquariophile.
Pourquoi pas un bac regionalavec des plantes et des poissons des mêmes milieux aux mêmes exigences
Dans un bac de 200 litres avec substrat classique
Les plantes toutes originaires d’Inde ou du Sri lanka
Aponogeton crispus
Aponogeton natans
Aponogeton rigidifolius
Cryptocoryne becketti
C. wendtii
C.undulata
C. parva
C ; nevillii
Hygrophila corymbosa
H.difformis
Limnophila aquatica Rotala macranda ou rotundifolia
Cote poissons on peut choisir parmis
Puntius schuberti (cliches)
Puntius arulius
P.bimaculatu
P .cumingi
P.filamentosus
Pnigrofasciatus
P. ticto(cliches)
P. fasciatus (clichés)
Danio aequipinnatus
Rasbora heteromorpha (cliché)
R.vaterifloris
A dayi
A lineatus
Etroplus maculatus
Mais un ancistrus, américain lui, sera bien utile pour nettoyer plantes et décor
Encart
A noter toutefois une sensibilité toute particulière du narayani à une eau trop douce et surtout trop acide En cas de chute brutale et intempestive du PH ils seront les premierstouchés, nous en avons fait l’expérience bien involontairement. Sept spécimens adultes furent placés pour prise de vues dans un bac ou s’épanouissaient un banc de tétras de corydoras et de barbus (ticto, shuberti et fasciatus ). Le lendemain deux narayani étaient morts Les cinq survivants très mal en point replacés rapidement dans une eau aux paramètres convenablesse sont rétablis en quelques minutes. Analyse de l’eau Ph 4…et pourtant tous les autres pensionnaires pétaient la fo